Dix ans d’appareils Fujifilm X

L’année 2022 marque les dix ans de la gamme Fujifilm X. C’est donc la bonne occasion de revenir sur ces dix dernières années d’utilisation de la marque, de ses évolutions, des joies et des déconvenues. J’ai décidé de vous parler de mes cinq appareils Fujifilm X favoris, de 2012 à 2022.

Bien entendu, j’aurais pu faire une liste bien plus longue, car je n’ai pas souvenir de ne pas avoir aimé un appareil en particulier. Du X100/X-Pro1 au X-T4, ils ont, selon moi, tous la même âme, le même ADN. Seule l’évolution des différentes technologies est venue donner plus de force à la gamme, au fil des ans.

Dans cette liste, j’aurais pu aussi mettre les appareils suivants :

  • Le X-H1, que j’ai surnommé l’ovni, a apporté trois réelles avancées à la série X. À savoir : une excellente prise en main grâce à sa poignée plus qu’ergonomique ainsi qu’un confort supplémentaire grâce à son petit écran de contrôle sur le haut de l’appareil, et enfin un stabilisateur sur le capteur permettant des photos à main levée à très basses vitesses.

  • Le X-T2 qui m’a, en son temps, clairement montré que Fujifilm était à l’écoute de ses utilisateurs tant l’évolution du X-T2 par rapport au X-T1 était flagrante. Presque tous les défauts avaient été gommés.

  • Le X100V qui m’a gentiment été prêté quelques semaines par mon grand ami Cédric. Le X100V a été un énorme bond en avant pour cette gamme tout en bénéficiant de dix ans d’évolution. Nouveau capteur et surtout un magnifique nouvel objectif 23mm F2 intégré et (enfin) la tropicalisation, sans parler de l’écran orientable. Le tout dans un format compact qu’on peut (presque) mettre en poche.

  • Le X-Pro1 parce qu’il a été le premier à objectifs interchangeables et qu’il m’a profondément marqué. Il y a 10 ans, il était épatant, grâce à sa formidable qualité d’image et à ses contrôles directement accessibles. Il m’a permis de voir la photographie sous un autre angle. Il a été la graine du changement, un peu avant le X-E2 qui m’a fait basculer complètement.

No 5 : X-Pro2

Parce que personne n’y croyait et qu’il est arrivé comme une surprise, 4 ans après son illustre aîné. La gamme X-Pro étant devenue un peu moins tendance que les X-T, le renouvellement est plus long que pour les autres gammes. Il aura aussi fallu attendre plus de 3 ans pour que le X-Pro3 succède au X-Pro2. Fujifilm a pris son temps pour bien faire les choses.

Lors de sa sortie, le X-Pro2 embarquait d’un nouveau capteur de 24 MP, d’un écran orientable (ouf), d’un AF bien plus rapide et d’un viseur hybride numérique/analogique, fait unique à ce moment-là. Il disposait aussi du désormais fameux et indispensable joystick, si pratique pour bouger rapidement le point et naviguer dans les menus.

L’appareil était une vraie et solide évolution et un pur plaisir à l’utilisation. J’en étais tombé sous le charme dès la première seconde. Maintenant je peux le dire, j’avais pu l’essayer durant 2 jours quelques semaines avant sa sortie officielle grâce à un des photographes participant au programme des ambassadeurs Fujifilm. J’avais bien sûr gardé le secret, mais j’avais pu me faire une idée sur le nouvel appareil.

Son seul défaut, pour le porteur de lunettes que je suis : la taille de son œilleton.

Image © Fujifilm

No 4 : X-E2

L’appareil qui m’a fait basculer, fin 2013, de Nikon à Fujifilm. Il m’a permis de m’habituer réellement au système hybride. Changer tout un système, lorsqu’on est professionnel (je l’étais à l’époque), implique un gros investissement et de nouvelles habitudes à acquérir rapidement. Imaginez votre photographe de mariage feuilletant le mode d’emploi de son appareil en pleine cérémonie…

J’ai utilisé longuement le X-E2 pour des séries de photos que je faisais à l’époque. Certaines sont d’ailleurs visibles sur cette page. J’ai pu me faire la main en toute tranquillité. Je l’ai ensuite emmené avec moi, en second appareil, lors de reportages, mariages et autres ; jusqu’à basculer complètement début 2014 chez Fujifilm.

Je l’aimais beaucoup pour son côté compact et son charme fou. Bien que son EVF n’était pas le plus grand et qu’il n’avait pas l’AF le plus rapide, son couple formé avec le 35mm F1.4 était probablement l’un de mes favoris, toutes marques confondues.

Il reste d’ailleurs aimé encore à ce jour, car il se vend, souvent en piteux état, autour des 500 €.

No 3 : X-T1

Ma star des années durant.

L’appareil avec lequel j’ai pris le plus de photos durant ma vie et ma carrière professionnelle. Le X-T1 a été le premier appareil que j’ai possédé en double exemplaire (reportages pros) et qui m’a accompagné autour du monde, dans des situations rocambolesques et sans jamais me faire défaut.

Bien que la première version du X-T1 n’était pas exempte de défauts avec ses trappes qui s’ouvraient seules et ses boutons parfois un peu lâches, il restait néanmoins un formidable appareil doté d’un viseur électronique surprenant. Car oui, ce viseur changeait complètement la donne. Avoir la possibilité de visualiser la photo avant de déclencher tenait du miracle. Et malgré quelques petits défauts, c’était devenu difficile de s’en passer après quelques jours à peine. La révolution était en marche et même si beaucoup vont nier, cela reléguait les appareils traditionnels au placard dans certains domaines.

L’unique carte SD, que beaucoup de professionnels critiquaient vertement, ne m’a jamais dérangé. Je ne vivais pas dans la peur de perdre mes photos ; cela ne m’est d’ailleurs jamais arrivé. Je vous recommande les cartes Sandisk, à ce propos.

No 1 ex-aequo : X-T3

Le super X-T2, le méga X-T1 ; la troisième version du X-T était la bonne et même après plus de trois ans, elle reste la meilleure. Outre l’ajout d’un stabilisateur, son successeur, le X-T4 a bien du mal à le battre. Selon moi, le quatrième du nom est bien plus orienté vidéo que photo. Il suffit de regarder la façon dont Fujifilm a placé l’écran arrière pour s’en convaincre. Absolument pas pratique puisqu’il nécessite plus de manipulations et a un aspect très fragile.

Processeur et capteur version IV, large viseur électronique à 100 images/seconde, écran orientable "juste comme il faut", robuste et rapide, le X-T3 est jusqu’alors le fleuron de la gamme chez Fujifilm et leur plus belle réussite (avis personnel). Sans fioritures, il délivre ce qu’il faut, où il faut et quand il faut pour un prix tout à fait raisonnable : ± 1 500 € lors de sa sortie contre 1 100 € aujourd’hui.

Vous l’aurez compris, le X-T3 est mon coup de cœur absolu, jusqu’à ce que je pose les yeux sur le numéro 1 de cette liste…

No 1 ex-aequo : X-Pro3

Le bizarre, le mal aimé, le critiqué. Dans l’article à son sujet, publié auparavant, je l’avais appelé "le radical". Certains constructeurs ont osé cacher ou même enlever l’écran (Leica M-D). Beaucoup ont crié à l’idiotie, au scandale et j’ai même lu qu’il suffisait de coller du Duct tape sur l’écran pour "faire pareil". Libre à chacun… Je ne me risquerai pas à massacrer l’écran d’un appareil à plusieurs centaines/milliers d’euros.

Le X-Pro3 est doté d’un écran qui est tourné vers l’appareil et donc caché la plupart du temps. Fujifilm parle de se concentrer sur la photographie pure et dure, sans distraction. Discours marketing ou non, chacun aura son avis là-dessus.

J’avoue que c’est justement ce côté radical qui m’a d’abord attiré vers le X-Pro3. J’ai toujours préféré la philosophie purement photographique de la série X-Pro, mais sur les modèles 1 et 2, l’œilleton m’a souvent gêné.

Dans ce cas-ci, Fujifilm a revu sa copie, et malgré un œilleton toujours plus petit que celui du X-T, le confort et même avec des lunettes, est nettement meilleur qu’avant. Le X-Pro3 est utilisable en plein soleil. Je m’explique : avec le X-Pro2, lorsque je photographiais en plein soleil, la lumière pénétrait facilement dans l’œilleton de par sa trop petite taille. Heureusement, ce n’est plus le cas ici.

Tout comme le X-T3/4, le X-Pro3 bénéficie de la version IV du duo capteur/processeur. C’était d’ailleurs le premier à les avoir. Il dispose aussi du viseur hybride numérique/analogique, de deux logements pour cartes SD et de nombreuses simulations de films qui ont fait la renommée des appareils Fujifilm X.

Le X-Pro3, représente, à mes yeux, la quintessence du savoir-faire de la marque dans un format à l’opposé du tape-à-l’œil, car le boîtier est une brique noire, d’une discrétion absolue et d’une efficacité redoutable.

Ecrit et publié par Frédéric Frognier, le 22.01.2022. Tous droits réservés.