Dix ans d’objectifs Fujinon

Suite à l’article sur les dix ans des appareils photo Fujifilm, j’ai décidé de faire de même avec les objectifs Fujinon. En effet, au cours de ces dix dernières années, j’ai eu l’occasion d’en essayer/posséder un bon nombre. Je ne peux pas tous les citer, car la liste serait longue et fastidieuse. J'en ai choisi cinq et pas forcément les meilleurs du point de vue technique ni aux yeux de certains, mais je privilégierai toujours le feeling au reste. La perfection que beaucoup recherchent m’ennuie. Le détail du poil du cul d’une mouche sur le dos d’un buffle à 200m... je vous laisse deviner la fin de la phrase.

Quoi qu’il en soit, voici une liste d’objectifs que j’ai beaucoup aimés, mais qui n’ont pas eu la chance de faire partie du top 5.

  • 80mm F2.8 macro : le grand frère de l’ancien 60mm F2.4, qui offre un macro au rapport 1:1, contrairement à son aîné qui propose un rapport macro de 1:2. Néanmoins, cet avantage donne un sacré embonpoint au 80mm F2.8. C’est le prix à payer pour une qualité d’image stratosphérique. Une excellente surprise à près de 1 300 €.

  • 50-140mm F2.8 : c’est cet objectif qui m’a réconcilié avec les zooms. Avant lui, je n’aimais pas utiliser des zooms tels que les 24-70mm, pour le plus connu. Mais avec ce 50-140mm, j’ai découvert une certaine facilité et une grande polyvalence. Il m’a permis d’obtenir des clichés que j’aurais eu du mal à réaliser sans lui, en restant discret et à distance raisonnable. Top qualité et construction hors du commun.

  • 100-400mm F4.5-5.6 : un superzoom offrant une plage d’utilisation énorme. Du portrait serré à l’animalier, il peut (presque) tout faire. Néanmoins, l’objet à sa taille, son prix et son poids. Même s’il semble très polyvalent, j’ai trouvé qu’il était mal adapté à la taille des boîtiers. Je suis conscient que les contraintes physiques sont là, mais c’est un ressenti étrange que ce 100-400mm. Quoi qu’il en soit, côté image et AF, c’est un sans-faute.

  • 50mm F1.0 : un vrai mastodonte dans sa catégorie. Une ouverte à F1.0 exceptionnelle pour un objectif doté d’un autofocus. Je l’ai aimé dès la première seconde pour sa superbe qualité d’image, nettement moins pour son poids assez conséquent et vous forçant presque à l’achat d’une poignée tant l’équilibre appareil/objectif est précaire avec ce 50mm F1.0. Cher, à l’image de son côté exceptionnel.

  • 16mm F1.4 : mon coup de cœur de 2015. Je l’ai attendu longtemps, mais cela en valait franchement la peine. Rarement, j’ai vu un aussi beau bokeh sur un équivalent 24mm et surtout une telle polyvalence. Un objectif pur plaisir.

  • 14mm F2.8 : un des plus anciens, sorti en 2014. Il est assez méconnu, car dans l’ombre des prestigieuses versions F1.4 (16mm et 18mm). Et pourtant, il m’a accompagné dans plusieurs reportages et j’ai toujours été sidéré par ses capacités. Peu de déformations et qualité d’image à décrocher le papier peint. À découvrir.

  • 18mm F1.4 : l’un des derniers nés de la gamme X, ce 18mm F1.4 qui ne remplace pas l’ancienne version F2 est une merveille d’optique. J’ai rarement vu un objectif aussi rapide et précis qui délivre une telle qualité d’image. Et cerise sur le gâteau : le bokeh est bien joli, malgré son grand angle. Une franche réussite.

No 5 : 23mm F1.4 (1ère version)

Découvert fin 2013 avec le X-E2, le 23mm F1.4 a été un coup de cœur immédiat. Il donne, lui aussi, cette patine inimitable aux images, propre aux seuls anciens objectifs X (35mm F1.4 et 60mm F2.4 inclus).

Je l’ai utilisé lors de mariages en Floride et au Mexique, dans des environnements extrêmement humides et bien qu’il ne soit pas tropicalisé, il ne m’a pas fait faux bond et s’est toujours porté comme un charme. Bien qu’il n’était pas donné, chaque centime de son prix le valait largement tant il est polyvalent et délivre des images magnifiques.

No 4 : 90mm F2

Au départ, j’avais beaucoup hésité à acheter ce 90mm F2 tant j’étais amoureux du 56mm F1.2. Puis, étant accompagné d’un autre photographe lors d’un mariage, j’ai eu l’occasion de l’essayer une journée durant. Je me suis rapidement rendu de son exceptionnel potentiel. AF ultra rapide, même si un peu bruyant à cause de ce système d’aimants (je chipote), distance focale originale dans un format relativement compact et surtout, qualité d’image à vous faire tomber la mâchoire au sol.

Proche du macro, sans l’être vraiment, avec un rendu au-delà de l’entendement, le 90mm met dans le mile à chaque déclenchement. Impressionnant. Bien qu’il n’ait pas été un coup de cœur immédiat à l’époque, il s’est fait une place de choix dans mon cœur avec le temps.

No 3 : 60mm F2.4

J’ai attendu plus de 8 ans avant d’avoir l’occasion de tester ce 60mm F2.4. J’avais souvent entendu du bien de lui, mais aussi beaucoup de mal, comme son AF ultra lent et son peu de précision.

En octobre 2020, j’ai donc pu le tester lors d’une séance photo pour la boutique de robes de mariée "Melody Nelson" à Namur. J’ai alors découvert un mal aimé, assez méconnu, à tort. En effet, il s’agit de l’un des meilleurs objectifs de la gamme X chez Fujifilm. Son rendu est extraordinaire (la fameuse patine d’antan), même si son autofocus n’est pas/plus à la hauteur des objectifs actuels, son charme fait oublier ses défauts. De plus, il n’est pas hors de prix, puis son mode macro ajoute un plus non négligeable. Un must !

Image © Fujifilm

No 2 : 56mm F1.2

Le fameux "équivalent 85mm" (sur un capteur plein format) à moins de 1 000 €. Il avait fait sensation en 2014, car une si grande ouverture, pour ce prix, dans un petit format, c’était costaud. Beaucoup craignaient alors un objectif mou à pleine ouverture, mais il n’en a rien été. Son rendu et sa précision, dès F/1,2 nous a tous laissés baba. J’en suis devenu gaga (après le baba) dès que j’ai vu la première photo prise avec lui. Un bokeh des plus crémeux et une grande douceur tout en gardant une précision assez redoutable à une si grande ouverture. Un objectif hors du commun, qui, après tant d’années, reste toujours au plus haut niveau.

No 1 : 35mm F1.4

Mon chouchou chez Fuji, et toutes marques confondues. Lent (selon les dires), bruyant, peu précis. Et pourtant, je ne lui vois que des qualités. Il n’est pas lent, il est juste moins rapide que ses successeurs. Il est bruyant (on ne parle pas de 100Db), parfois hésitant, mais il a ce "truc" qu’aucun autre n’a : du caractère. Les images qu’il délivre ont un cachet inimitable. J’ai eu beau chercher, je n’ai trouvé aucun autre objectif avec cet irrésistible rendu.

Sorti en 2012 pour accompagner le X-Pro1, pas mal de gens vont le classer dans les très vieux objectifs. Et pourtant, une petite souris m’a dit qu’il se vendait toujours très bien. Il est d’ailleurs difficile à avoir et quand une pièce est disponible, elle est aussitôt vendue. Après 10 ans, pour ma part, il n’a pas pris une ride. Je prends toujours autant de plaisir à l’utiliser et surtout à regarder les photos que j’ai prises avec lui. Si je devais choisir un seul objectif à emmener sur une île déserte, ce serait ce 35mm F1.4.

Ecrit et publié par Frédéric Frognier, le 23.01.2022. Tous droits réservés.