Fujifilm X100S

Depuis quelque temps, je suis à la recherche d’un second appareil photo, plus compact. Afin de trouver chaussure à mon pied ou appareil à mon trépied (pour les puristes) il existe plusieurs solutions : je choisis de prendre un boîtier identique au premier ou je choisis un modèle dans la même gamme, dans la même marque, de taille réduite ou encore un modèle équivalent dans une autre marque ou enfin, de changer sa manière de faire et de penser.

La première ne m’a pas tenté du tout. Je me voyais mal me promener avec deux D4 toute une journée.
La troisième m’a paru saugrenue et elle impliquait d’acheter des objectifs en double, etc. Non !
J’ai essayé la seconde formule avec le Nikon D7100. L’essai n’a pas été concluant… du tout.
Enfin, il me restait la quatrième et dernière solution. Celle-ci allait me forcer à changer ma façon de faire et de penser ; mais que choisir ?

Après de nombreuses lectures et recherches, et particulièrement celles de Zack Arias, mon choix s’est porté sur le Fujifilm X100S.

Image © Le Monde de la Photo

Il y a un peu plus de deux ans, j’ai eu l’occasion de tester le désormais célèbre Fujifilm X100. Durant quelques jours, je me suis amusé avec. Je dis amusé, car je le considérais comme un jouet sans connaître son réel potentiel. FujiFilm avait décidé à l’époque de sortir un appareil numérique au look Leica-retro-vintage-dix-fois-moins-cher.

En deux temps, trois mouvements, le X100 est devenu un objet culte — j’ose ce mot ? Allez, j’ose. Belle allure, discret, léger, petit et une qualité d’image étonnante. J’ai failli sombrer à plusieurs reprises, mais c’était sans compter l’énorme défaut qu’était la mise au point — autofocus.

Selon Fuji, il s’agissait d’un problème logiciel. Permettez-moi d'émettre un doute… L’autofocus patinait sans arrêt et était horriblement lent ; faire la mise au point relevait du défi. Dommage… Maj 2014 : les nombreuses mises à jour du micrologiciel ont grandement amélioré l’autofocus du Fujifilm X100.

Heureusement, Fujifilm a su écouter ses clients.
Le Fujifilm X100s est la parfaite réplique du X100… sans les défauts.

Comparé au Nikon D4, le Fujifilm X100S est une fourmi de par sa taille. Dès la sortie de la boîte, on se demande s’il va tenir correctement dans la main.

La réponse est oui. La préhension est tout à fait naturelle et facile. Les boutons sont bien placés : ouverture/vitesse/allumage/compensation d’exposition et la touche Fn que j’ai réglée pour modifier les ISO.

Tout est à portée de main et il n’est pas toujours nécessaire de retirer son œil du viseur, ce qui est tout de même très pratique.

Le menu est simple, clair et logique. Ouf !

La qualité de construction est au rendez-vous. C’est du solide et c’est assez rare pour être souligné, made in Japan.

Seule la molette tournante me semble un peu moins pratique à l’utilisation. Elle est très réactive, peut-être même un peu trop. Pour le reste : que du bonheur !

Le X100S est doté d’un viseur hybride : optique/électronique très bien défini — 2 360 000 points. Le viseur électronique est assez déroutant durant les cinq premières minutes, mais c’est très pratique, car la photo apparaît lors de la mise au point.

Les infos principales y sont aussi et c’est très simple à utiliser. À vrai dire, on a du mal à s’en passer ensuite. La vue est claire et large, même si je ne suis pas sûr qu’il couvre 100 %, mais ± 90 %. En cas d’urgence, un simple petit mouvement de bascule à l’avant de l’appareil et vous passez au viseur optique.

Vous pouvez aussi utiliser l’écran arrière de l’appareil, comme sur un compact. Ce dernier est clair, lumineux et bien défini : 460 000 points. Personnellement, je ne l’ai que très peu utilisé pour la prise de photos. Cela reste pratique si vous avez prendre des photos depuis le sol par exemple.

Gros point négatif sur le X100, l’autofocus du X100S a été considérablement amélioré par Fujifilm. Je ne m’amuserai pas à la comparer à l’AF du Nikon D4 ou du Canon 1Dx.

L’AF du X100S est précis et rapide. Un des plus rapides au monde selon Fuji. N’exagérons rien… le plus rapide dans cette gamme d’appareils. Blague à part, le X100S fait le point très rapidement et surtout très facilement.

Sur la photo ci-dessus, l’AF du X100S a fait le point directement sur la fleur rose malgré le gros contre-jour et le vent dans les branches. Cela aurait été difficile, voire impossible à faire avec le X100.

Que ce soit en AF-S ou AF-C — point continu, l’autofocus manque rarement sa cible ; et ce, même lorsque les scènes sont peu contrastées ou sombres.

Le mode macro a lui aussi été amélioré. Plus de précision et de rapidité.

Ici encore, Fuji frappe fort. La qualité d’image est exceptionnelle. Que ce soit les détails, le piqué ou la gestion des couleurs, le X100S fait mouche à chaque fois. J’en veux pour preuve les photos de ce test qui ont toutes été prises au format JPEG.

L'objectif 23mm est l'équivalent à un 35mm sur un capteur 24×36 plein format, le discret objectif Fujinon Super EBC F2.0 fait des merveilles dès sa plus grande ouverture.

La netteté est bien présente au centre, mais un peu moins sur les bords. Le bokeh est beau et progressif.

Le X100S couplé à ce petit objectif 23mm F2 (≃35mm) sont passe-partout. Personne ne vous verra venir, y compris les volatiles, pourtant assez craintifs.

Autre avantage, l’appareil est parfaitement silencieux si vous éteignez tous les bips via le menu.

Seul bémol, à pleine ouverture, les zones claires sont assez moutonneuses et peu précises.

En raison de ses nombreuses qualités, le Fuji X100S peut servir à peu près partout et pour tous les types de reportages. Évitez toutefois les courses de F1…

Il est idéal pour la photo de rue grâce à sa discrétion et son objectif 23mm à tout faire.

Il est très facilement transportable.

Il est aussi possible de l’employer en studio — je ne l’ai pas encore fait, mais ça ne saurait tarder.

Je l’ai utilisé, en complément du D4, lors d’un mariage. Il s’en est très bien tiré. Je suis parvenu à réaliser des images que je n’aurais pas pu faire avec le D4 à cause de sa taille. Les gens sont vite intimidés en face du monstre D4.

J’aime

  • Qualité des images
  • Fabrication
  • Look
  • AF performant
  • Prise en main
  • Poids
  • Discrétion

Je n’aime pas

  • Son prix même s’il le vaut. En dessous de 1000 €, ce serait préférable.
  • Quelques fonctions devraient être accessibles plus rapidement, mais je cherche la petite bête.

Le Fujifilm X100S n’est pas un outil bon marché — entre 1000 et 1150 € dans les bonnes crémeries. Il ne s’agit pas, selon moi, d’un appareil compact.
Les individus le placent dans les hybrides, même si je n’aime pas les classements…
C’est un engin un peu à part, tout comme ses frères de la série X chez Fuji.

Son look attire immédiatement les gens qui l’auront remarqué vers vous, car il détonne dans le paysage.

Le photographe américain Zack Arias dit que les reflex sont morts et que c’est le meilleur appareil qu’il ait jamais eu. Je n’irai pas aussi loin, mais il se classe directement dans mon top 3. Portabilité, discrétion, qualité des images et réactivité.

Le X100s ne plaira pas à tout le monde, car il implique de changer sa manière de penser et prendre des photos. Il demande du travail et du temps pour composer l’image, mais rien ne vous empêche de faire des photos à la volée.

Un excellent appareil et une très bonne surprise !

Ma note sur 5

  • Performances : 4
  • Qualité d’image : 5
  • Fabrication : 5
  • Facilité d’utilisation : 4
  • Autofocus : 4
  • Côté cœur : 4
  • Prix : 3

Ecrit et publié par Frédéric Frognier, le 12.08.2013. Tous droits réservés.