La série des X100 S, T, F, V et moi, cela a toujours été une histoire compliquée ; un interminable je t’aime, moi non plus.

En 2011, j’ai eu l’occasion d’essayer le X100 durant quelque temps. J’avais adoré l’engin pour son look, son audace et ses promesses. La qualité d’image était déjà dans ses gênes, les bases étaient bonnes, mais il souffrait d’un énorme défaut : un autofocus inutilisable ou presque. Je l’ai rendu sans grands regrets.

Ensuite, en 2013, est arrivé le X100S. Fujifilm avait écouté les utilisateurs du X100 et avait pris grand soin d’améliorer tous les points qui n’allaient pas. Meilleur autofocus, nouveau couple capteur/processeur. C’était nettement mieux, mais une fois encore j’ai eu l’impression que cet appareil n’était pas fait pour moi. Je décide donc, à contre coeur, de le revendre.

Voilà qu’en 2015, une nouvelle mise à jour débarque dans les rayons des bonnes crèmeries : le X100T. Equipé du même capteur que son prédécesseur, les évolutions, cette fois étaient moindres, mis à part un viseur électronique et une bague d’ouverture (1/3 IL) améliorés, ainsi que la simulation de film Classic Chrome. Gentil, mais maigre.

En 2017, la quatrième évolution de la série fait son apparition, le X100F. Nouveau capteur de 24 MP, nouvelles simulations de film Acros, molette hybride ISO/vitesse, etc. Les différences étaient cette fois plus marquées qu’avec le X100T. Jusqu’alors, c’est le seul X100 que je n’ai pas eu l’occasion de tester.

Ces quatre premières versions ont un point commun : l’objectif 23 mm qui reste inchangé, et ce malgré les évolutions du couple capteur/processeur. Sur le X100T, j’ai bien senti qu’il avait fait son temps et je n’ose pas imaginer les résultats à pleine ouverture sur le capteur plus grand du X100F.

Vient enfin le X100V au milieu de l’année 2020, et première bonne nouvelle, il contient un nouveau capteur (identique à celui des X-T3/X-T4 et X-Pro3) mais aussi et surtout un nouveau objectif 23 mm F2 à la formule optique revue et corrigée. Autre grande nouveauté, l’appareil est désormais protégé contre les intempéries, à condition d’acheter la bague d’adaptation AR-X100 et le filtre de protection PRF-49. Dommage qu’ils soient en option.

Cette version cinq (V) arbore un nouveau design, à l’aspect grandement amélioré. Le X100V donne immédiatement une excellente impression de solidité. Le design m’a semblé plus soigné et plus minimaliste encore que sur les précédentes versions. Je remercie d’ailleurs, au passage, mon ami Cédric de m’avoir gentiment prêté son X100V durant deux semaines.

Les arêtes sont tranchantes (rassurez-vous, elles ne coupent pas) et bien plus marquées qu’auparavant.
La petite poignée est légèrement plus proéminente que sur les anciennes versions. Cela améliore un peu la préhension de l’appareil.
La molette ISO/vitesse amène un nouveau système. Il faut maintenant lever la rondelle extérieure afin de modifier la sensibilité. Un petit mouvement vers le bas et cela se remet en place. C’est nettement plus pratique que le précédent système arboré par le X100F et le X-Pro3. Dans ces derniers cas, Fujifilm a voulu la jouer un peu trop à l’ancienne au détriment de la praticité.

Le X100V embarque, une fois encore, l’éternelle batterie NP-W126S. Ne vous attendez donc pas à une autonomie doublée comme c’est le cas sur le X-T4 qui a eu droit, lui, à un nouvel accu.

Le duo capteur/processeur (X-Trans CMOS 4 / X-Processor 4 Quad-core) est identique à celui des modèles actuels de la gamme. Pas de surprise, c’est remarquable de qualité. Les images sont belles, piquées, sans parler de l’extraordinaire science des couleurs de la marque. Aucune déception de ce côté.

L’appareil propose 17 simulations de film, avec comme nouveauté l’effet couleur Chrome/couleur Chrome Bleu. Le premier ajoute du contraste et une meilleure saturation à l’image tandis que le second applique les mêmes effets, mais uniquement aux bleus1.
Si vous cherchez un rendu façon H E A T de Michael Mann avec Robert Deniro et Al Pacino, vous serez aux anges.

L’écran est désormais inclinable dans deux sens ; une première sur la série X100 et dispose de commandes tactiles pour gérer l’autofocus, faire défiler les images et même déclencher. Attention toutefois à votre nez si vous maintenez l’écran tactile, car l’appareil ne fait pas de distinction entre votre nez et votre doigt.

L’autofocus a été nettement amélioré par rapport au X100F. Vif et hyper réactif, il détecte bien les zones peu contrastées et déclenche en une fraction de seconde. J’ai aussi remarqué que le système de détection des yeux et du visage a lui aussi été grandement amélioré. Certains diront qu’il n’est pas au niveau des Sony et autres Canon R, mais largement suffisant pour monsieur et madame tout le monde.

Le X100V est tout temps (WR). C’est le premier de la série à proposer cette option. Malheureusement, l’option WR nécessite deux accessoires, vendus séparément : une bague d’adaptation et un filtre de protection. Il existe un kit bague + pare-soleil pour 79 €, sans oublier le filtre de 49 mm (79 € pour celui de la marque).

La nouvelle version de l’objectif 23 mm F2 (Mark II diront certains) représente une belle évolution. Bien heureusement, on ne perd pas le charme et le rendu de l’ancienne version. On gagne, par contre, en piqué et en microcontraste (même si je vous souhaite bonne chance d’observer cet effet à l’œil nu). Fujifilm ne pouvait plus se permettre d’utiliser l’ancien objectif sur un capteur de 26 MP. Je pense que les résultats auraient été désastreux.

Notre X100V possède, tout comme le X-Pro3, un viseur électronique (EVF) hybride. A savoir qu’il peut être à la fois électronique et optique (OVF). Cela peut être très utile en cas de mauvaises conditions lumineuses ou si vous devez impérativement économiser votre batterie.

J’aime

  • Ses nombreuses améliorations : objectif, OVF/EVF, AF, design, etc. ;
  • Son nouveau look : design plus tendu et extrêmement soigné. L’appareil respire la solidité et donne une impression très haut de gamme.
  • Son autofocus : grandement plus vif que celui des précédentes versions, et bien plus précis. Il voit d’ailleurs presque dans le noir.
  • Son 23 mm F2 : bien plus précis et piqué, tout en gardant le rendu typique à la série X100.
  • Sa discrétion : le X100V est idéal pour ceux ou celles qui souhaitent photographier en toute discrétion en gardant une superbe qualité d’image.

Je n’aime pas

  • Son prix : 1349 € (actuellement) + les options pour le rendre tout temps (WR), ça commence à chiffrer fortement pour un appareil à objectif fixe.
  • Son objectif fixe : pour mon usage, je trouve ce système trop limité.

Avec la récente sortie du X-E4, appareil à objectif interchangeable à moins de 900 € et 1149 € en kit avec le nouveau 27 mm F2.8 MKII ; beaucoup risquent de se détourner du X100V pour le X-E4, car en plus d’être moins cher, il est aussi plus petit et équipé de la même façon.

Quoi qu’il en soit et outre ce frère-concurrent, le X100V ne manque pas de qualités. À la fois beau, simple, discret et performant, il ne manquera pas d’arguments pour vous séduire. Seul hic, son prix à la limite du prohibitif pour ce type d’appareil.

Parfaitement construit, au design parfait, son couple capteur/objectif ne vous décevra pas. Un appareil qui fera date, mais sans coup de cœur pour ma part.

Ma note sur 5

  • Performances : 5
  • Qualité d’image : 5
  • Fabrication : 5
  • Facilité d’utilisation : 4,5
  • Autofocus : 5
  • Côté cœur : 3,5
  • Prix : 2 (hors promo)


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1 Source : Fujifilm.com

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