Début de cette année, j’ai eu l’envie soudaine (et non pressante) de réessayer un X-T1. Je voulais voir si l’appareil qui a tout changé pour moi pouvait encore se défendre en 2021.

Avant toute chose, j’allais devoir trouver un X-T1 à prix acceptable. Malheureusement pour moi, je ne savais pas que sa cote était si élevée, aux alentours des 350-400 euros. Quelques jours plus tard, par chance, mon ami Cédric me dit qu’il vient de reprendre d’occasion un X-T1 en excellent état et que je pouvais l’avoir à moins de 250 euros. Je n’ai pas réfléchi 10 jours pour lui répondre oui. J’allais pouvoir, après plusieurs années, me frotter à nouveau au X-T1. J’étais conscient que je n’allais pas le garder ad vitam æternam et que j’allais pouvoir le revendre en réalisant une plus-value.

Mon lectorat sait que je suis l’utilisateur du X-T3, que je chéris. Cependant, je ne vais pas me risquer à comparer les performances du X-T3 par rapport à celles du X-T1 ; ce serait injuste pour ce dernier. Je me contenterai d’évoquer les évolutions entre les deux appareils.

Le Fujifilm X-T1 est sorti début 2014.
À l’époque, j’ai patienté deux mois avant de recevoir mon exemplaire. Je ne vais pas réexpliquer toute l’histoire, car je l’ai détaillée dans cet article. J'ai utilisé ce X-T1 intensivement pour mes photos personnelles et professionnelles en attendant la venue du X-T2. J’ai fait de même avec cet appareil jusqu’à la sortie du X-T3.

J’adore la série X-T, depuis la première seconde et c’est encore le cas aujourd’hui. Difficile d’expliquer la raison de cet attachement. Que ce soit le design, la praticité, la prise en main ou les performances, je n’y vois que peu de défauts. Je vais toutefois essayer de rester objectif quant aux différents X-T.

Que vaut le Fujifilm X-T1 en 2021 ?

Le design, en sept ans, a évolué, toutefois assez peu. Que ce soit le X-T1 ou le X-T4, on est en terrain connu. Le X-T1 dispose des mêmes molettes que ses petits frères, à la seule différence qu’il faut maintenir appuyé le bouton central des molettes afin de les faire tourner ; peu pratique, surtout si vous ne souhaitez pas décoller votre œil du viseur.

Le caoutchouc de l’œilleton est plus grand et commode sur le X-T1 que sur les modèles ultérieurs. En particulier pour les porteurs de lunettes dont je fais partie. Il protège bien mieux le viseur électronique et votre œil des infiltrations de forte lumière.

La poignée du X-T1 est moins proéminente que celle des modèles actuels (X-T3/4). Lors de mon dernier essai, cela ne m’a pas forcément gêné, même si le confort n’est pas identique à celui du X-T3 accompagné de sa poignée JJC HG-XT3.

Notre vieux appareil n’a pas non plus de joystick de contrôle pour déplacer le point dans le viseur. Il conviendra d’utiliser les quatre flèches multidirectionnelles qui sont peu pratiques et de plus, il est obligatoire de le faire un deux étapes :

  1. Appuyer sur une des quatre flèches (celle que vous avez désignée comme raccourci pour ce faire) ;
  2. Modifier le point avec l’un des quatre boutons. Sur les X-T3 et 4, il suffit de bouger le joystick pour changer de place le carré de mise au point.

Sur mon modèle, sans beaucoup de clics au compteur, et ce malgré les années, le revêtement (cuir plastique) recouvrant l’appareil était fort usé et se décollait par endroits. Un ou deux points de colle forte ont réglé ce problème, car faire changer le caoutchouc coûterait plus cher que l’appareil. Sur mes modèles de 2014 (j’en ai eu deux en même temps), que j’ai utilisés très intensivement, je n’ai pas connu ce problème. Peut-être que son premier propriétaire n’était pas aussi soigneux que moi.

Les trappes d’accès (carte SD, ports) ne m’ont pas semblé aussi solides que sur mon X-T3. Malgré tout, je n’ai pas remarqué de faiblesse. Pas d’ouverture intempestive comme c’était le cas sur mon X-T1 de 2014. En effet, la trappe d’accès de la carte SD, s’ouvrait en permanence, ce qui était contrariant.

L’écran du X-T1 ne se meut que dans un sens, à l’horizontale. Celui des X-T2 et X-T3, bouge dans deux sens tandis que celui du X-T4 dans trois. Il peut se retourner (il paraît que c’est prévu pour les vlogueurs), même si je n’ai pas trouvé ce dernier pratique.

Bien que je n’aie jamais eu d’ennui avec une carte SD (j’achète la marque SanDisk depuis toujours), le X-T1 ne propose qu’un seul logement SD. Aucun moyen de sauvegarder votre carte 1 sur votre carte 2, de la même manière que sur le X-T3/4. En 2014, ce détail a dû en refroidir quelques-uns. Avec près d’une centaine de mariages réalisés à l’aide du X-T1, je peux certifier que l’unique carte SD ne m’a jamais ennuyé.

Après tant d’années, je n’ai pas trouvé les différents boutons (play, corbeille, etc.) fatigués. Ils sont toujours aussi vigoureux et réactifs. Une belle prouesse, selon moi.

L’autofocus, quant à lui, m’a paru pataud. L’évolution des appareils et les années, malgré les différentes mises à jour, ne permettent malheureusement plus au X-T1 d’être au niveau. Pour du portrait, il se comporte correctement ; à condition que le modèle ne soit pas hyperactif. Pour le reste, vous risquez du flou, y compris avec les objectifs plus récents. L’AF est coupé en 49 zones contre plus de 400 sur les modèles récents.

La qualité d’image reste inchangée, malgré les sept ans du capteur. Elle est vraiment excellente et exhibe sa magnificence à toutes les sensibilités — en restant raisonnable. Elle étale une belle patine, typique à Fujifilm et c’est vraiment le point fort du X-T1. Évitez toutefois de monter trop haut en sensibilité, même si un joli grain n’est pas pour me déplaire.

L’EVF est doté d'une définition de 2,36 MP contre 3,69 MP sur le X-T3/4 avec un taux de rafraîchissement autour de 50 images/seconde pour 100 im/sec sur les modèles actuels. Cela ne m’a pourtant pas gêné en passant d’un appareil à l’autre.

J’aime

  • Son design intemporel. Avec le temps, le X-T1 est devenu un classique, pour ne pas dire culte.
  • Son capital sympathie. Avec les années, il reste toujours aussi facile d’accès et d’utilisation.
  • Son prix, à condition de trouver un modèle en bon état et bien traité.
  • Sa qualité d’image qui reste impressionnante avec le capteur version II (IV actuellement).
  • Son viseur confortable grâce à l’excellent et proéminent caoutchouc.

Je n’aime pas

  • Son autofocus qui n’est plus au niveau.
  • Son obturateur mécanique limité à 1/4000 sec. On arrive vite à l’obturateur électronique.
  • Le choix compliqué du point AF.

Ma note sur 5 (2021)

  • Performances : 3
  • Qualité d’image : 5
  • Fabrication : 4
  • Facilité d’utilisation : 4
  • Autofocus : 2,5
  • Côté cœur : 5
  • Prix : 4

Tout comme le X-Pro1, essayé en 2012 et en 2020, le X-T1 n’a pas perdu son charme, que du contraire. Il reste parfaitement utilisable si vous restez dans de bonnes conditions afin de ne pas faire dérailler l’autofocus qui s’est fatigué avec le temps. Ne comparons pas aux modèles actuels, restons fairplay. Quoi qu’il en soit, la qualité d’image reste magnifique et bourrée d’un certain charme. Si vous n’êtes pas pressé et que vous souhaitez vous offrir un Fuji à petit budget, le X-T1 vous ravira, même en 2021.


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