Une question se pose lorsqu’il s’agit d’acheter, de changer ou renouveler du matériel photo : le budget. Qu’on soit professionnel ou non. Au départ, Fujifilm proposait — et propose toujours — des objectifs Fujinon à grande ou moyenne ouverture ; tous qualitatifs. Malheureusement, l’écart de prix entre les optiques peut grandement varier.

Actuellement, chez Fujifilm, pour celle ou celui qui souhaite une focale fixe à destination du portrait, il existe deux choix : le 56 mm F1.2 et celui qui va nous intéresser aujourd’hui, le Fujinon 50 mm F2.0.

Un troisième choix devrait arriver fin 2020, le très attendu 50 mm F1.0. Néanmoins, il faudra s’attendre à un prix à la hauteur de sa taille et de son côté exceptionnel. L’avenir nous le dira.
Maj 10.2020, nous connaissons désormais ses dimensions et son prix.
J’aurais aussi pu inclure le 90 mm F2.0, mais l’écart de focale m’a semblé un peu grand.

Quand il s’agit de faire un choix entre F1.2 et F2.0, il faut d’abord s’interroger sur ses besoins photographiques.

En 2017, j’avoue avoir longuement hésité entre le 50 mm F2 et le 56 mm F1.2 et ce qui a d’abord fait pencher la balance vers la version F2.0, c’est son prix : 499 € contre 999 € pour le 56 mm. Sans surprise, cela va du simple au double.

En est-il de même pour la qualité ?

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par un point ô combien important des portraitistes : le bokeh — flou d’arrière plan qui permet d’isoler le sujet du fond.

Sans être spécialiste du sujet, il faut bien se douter qu’à distance égale, le bokeh d’un objectif F1.2 sera plus prononcé que celui d’un F2.0 ; même si le modèle 50 mm F2.0 a une distance de mise au point plus courte (±39 cm) que celle du 56 mm F1.2 (±70 cm).
D’un autre côté, la distance focale du 56mm (≃85mm) est plus grande que celle du 50 mm (≃76 mm). Vous suivez toujours ?
Il ne devrait pas y avoir de grandes différences, si on suit cette simple logique de chiffres.

Si, comme moi, vous aimez photographier à courte distance, en assez gros plan, le 50 mm F2.0 devrait mieux convenir ; en particulier à votre portefeuille.

Sans rentrer dans les détails (très) techniques, dû à sa construction et à sa distance focale, le bokeh du 56 mm F1.2 est plus prononcé et crémeux, en conditions identiques.

Concernant l'autofocus, je ne vais pas m’attarder sur une longue comparaison entre le 50 mm et le 56 mm. De loin, le 50mm F2.0 est celui des deux qui a l’autofocus le plus rapide*, quelles que soient les conditions lumineuses.

Une fois encore, c’est assez logique, et ce, pour deux raisons : il est plus récent et plus petit (le bloc optique à déplacer est moins gros).

L’autofocus est redoutable d’efficacité. Précis et immédiat. Je dirais sans trop hésiter qu’il est aussi rapide sinon plus encore que son cousin, le 35 mm F2.0.
Testé sur X-T2 et X-Pro2.

Ce petit 50mm F2.0. a un bel avantage par rapport au 56 mm F1.2 : il est tout temps "WR". Il résiste bien à l’humidité et à la poussière.

Très honnêtement, j’utilise les anciennes versions : 35 mm F1.4, 56 mm F1.2, 23 mm F1.4, 18 mm F2.0, qui ne sont pas WR et je n’ai jamais eu aucun problème concernant l’humidité ou autres joyeusetés du genre. Il pleut abondamment en Belgique…

Quoi qu’il en soit, malgré un prix attractif de 499 €, Fujifilm n’a pas lésiné sur les moyens. L’objectif est construit en métal — ouf, pas de plastique pour gagner trois sous. La bague de mise au point est douce. Quant à la bague d’ouverture, elle est parfaitement crantée, et pas trop lâche — elle ne tourne pas seule au moindre mouvement.

La qualité d'image est l’un des domaines dans lequel le 50 mm F2.0 excelle. Bien que tous les objectifs Fujinon que j’ai testés sont excellents, certains sortent du lot.
Dans mon top trois, je mettrais le 35 mm F1.4, le 56 mm F1.2 et ce 50 mm F2.0.

Il n’y a rien de particulier à en dire. C’est un quasi sans faute sur tous les points. L’image est précise, nette, piquée et surtout détaillée.

C’est d’ailleurs pour cette raison que, finalement, je lui ai préféré le 56 mm F1.2. L’image est trop chirurgicale pour une utilisation en portrait pur.
Question de goûts me direz-vous.

Bien que je le classerais dans les optiques destinées au portrait, mais rien n’empêche de l’utiliser pour d’autres sujets. Pour la photo de rue si vous êtes un brin timide. Il vous permettra de prendre un peu plus de recul par rapport à un objectif 35 mm utilisé dans ce cas de figure.

C’est un objectif discret, tout du moins sa version noire. L’argenté étant plus voyant… Il est aussi compact et léger : 6 cm, 200g ; beaucoup plus que le 56 mm → 7 cm, 405g.

J’aime

  • Sa qualité d’image : parfaite de bout en bout ;
  • Son AF : très rapide, net et précis ;
  • Son prix : 499 € pour un concentré de qualités ;
  • Sa protection tout temps "WR" ;
  • Son bokeh : doux, car la distance minimale de mise au point est en dessous de 40 cm ;
  • Sa petite taille et son poids plume.

Je n’aime pas

  • RAS.

Une véritable petite bombe que ce Fujinon XF 50 mm F2.0. Il concentre une quantité phénoménale de qualités dans un petit écrin. À la fois discret, simple, rapide et léger. Il est une excellente et moins coûteuse alternative au 56mm F1.2, maître du bokeh, en attendant la suite…
Une grande réussite.

N.B. Cet article était dans les tuyaux depuis plus de 2 ans ; époque à laquelle j’étais en possession du 50 mm F2.0. Je l’ai fini et publié avec un léger retard.

Ma note sur 5

  • Prix : 5
  • Rendu/image : 5
  • Fabrication : 5
  • Autofocus : 4
  • Côté cœur : 3,5


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