MacBook Air M1


Vingt ans, à quelques semaines près.
Vingt ans que je suis l’évolution d’Apple au gré des saisons et des différents produits.
Concernant les Mac, j’ai d’abord connu les Mac Power PC avec un iBook G4 12" de 800 MHz et un iMac G5 de 20" ensuite.

Virent ensuite quelques Mac Intel, des portables : MacBook, MacBook Air et MacBook Pro et un iMac 24". Jusqu’a aujourd’hui…

Depuis des années, Apple fabrique ses propres processeurs pour ses iPhone/iPad, avec succès. En effet, les appareils mobiles sont rapides, efficaces et fiables.
Beaucoup se demandaient pourquoi ils n’en faisaient pas de même pour les Mac portables et de bureau.

Depuis quelques jours maintenant, Apple a sauté le pas avec trois ordinateurs pour débuter : le MacBook Air 13", le MacBook Pro 13" ainsi que le Mac Mini. Trois Mac propulsés par la nouvelle puce maison appelée M1.

N.B. Cet article parle de mon expérience et mon usage personnel. Il ne s’agira pas d’un test technique bourrée de chiffres et de benchmarks (plus vendeur, semble-t-il…).
Il existe de très bons sites spécialisés pour ça : Mac4Ever ou 9to5mac, parmi d’autres.

La transition


Apple s’est donné deux ans pour accomplir la transition des Mac Intel vers les Mac M1 — ou autre futur nom pour la suite.
Je suis assez content qu’ils se donnent les moyens de le faire, à savoir tout fabriquer ou presque eux-mêmes, y compris le cœur de l’ordinateur, la puce M1.

D’un autre côté, je pensais que ça n’allait pas être une sinécure et que les premiers modèles rencontreraient moult et moult problèmes ; les maladies de jeunesse comme diraient les vieux râleurs qui aiment commenter tous les faits et gestes de la marque à la pomme. Restons modérés… d’un côté comme de l’autre.

Quoi qu’il en soit, je me suis tout de même décidé à changer mon MacBook Air Intel Quad-core i5 — 1,1 GHz d’août 2020, en toute connaissance de cause, pour le revendre à un membre de la famille, après avoir découvert les premiers vidéos et tests. J’étais subjugué par les performances abracadabrantes de ce petit portable comparé à son prédécesseur.

Il y a quelques jours, j’ai reçu le tout nouveau, tout beau MacBook Air M1 — 512 Go SSD — 8 Go de mémoire vive et CPU/GPU 8 cœurs — argenté.

J’allume la "bête" et débute immédiatement les différentes installations et mises à jour. Les nouveaux Mac M1 sont fournis de série avec macOS Big Sur que j’apprécie grandement ; un souffle de modernité et de légèreté après tant d’années de macOS X.

Pourquoi un MacBook Air au lieu d’un MacBook Pro 13" M1 m’a-t-on demandé ?
C’est très simple : les performances sont quasi équivalentes entre les deux et j’avoue avoir un faible pour la forme de l’Air qui de plus est parfaitement silencieux et, enfin, je n’ai pas besoin de plus de puissance.


8 ou 16 Go de mémoire vive (RAM) ?


Une fois encore, question de besoin — et de budget. J’ai choisi de ne pas prendre l’option 16 Go de RAM à 230 €, car je n’effectue pas vingt tâches en même temps. Après quelques jours d’utilisation, je ne regrette pas mon choix, car le MacBook Air M1 est tellement performant que j’ai l’impression de ne l’utiliser qu’à 5 % de ses capacités.
En bref, choisissez toujours en fonction de vos usages présents et futurs.

Les apps


Les choses sérieuses commencent et je me mets à tester gentiment les applications auxquelles je suis habitué, à savoir :
- Lightroom Classic ;
- Photoshop 2021 ;
- Capture One 21 ;
- Pixelmator Pro ;
- Rapidweaver ;
- iA Writer ;
- Pages ;
- JPEGMini ;
- Ainsi que de très nombreuses apps installées par défaut sur le Mac.

Bien que certaines d’entre elles ne soient pas optimisées pour la puce M1 — elles le seront dans quelques semaines/mois, elles sont donc émulées pour pouvoir fonctionner en passant par un décodeur / traducteur / émulateur s’appelant Rosetta 2.

Petit stress au lancement, car c’est assez lent, entre 5 et 10 secondes.
C’était sans savoir qu’au premier lancement, Rosetta 2 devait intervenir pour traduire l’application et qu’il ne devait le faire qu’une seule fois. Lors du lancement suivant, c’est quasi instantané, que l’app soit compatible M1 ou émulée. Me voilà rassuré.

Quant aux apps natives d’Apple, elles sont toutes conçues pour la puce M1. Aucun problème, c’est rapide et réactif. Tout comme Pixelmator Pro, qui est optimisé pour la nouvelle architecture M1…

Lightroom, Photoshop — en bêta pour M1, Capture One 21 et les autres se lancent très rapidement et fonctionnent sans aucun problème. Notez tout de même que la plupart sont émulées sur Rosetta 2 à l’heure actuelle.

Premier test sur Pixelmator Pro


Il existe une chouette fonctionnalité dans Pixelmator Pro que j’utilisais beaucoup sur mes MacBook Air/Pro Intel : ML Super Resolution qui permet d’extrapoler une petite (ou grande) image sans perdre en qualité.

  • Image JPG de ± 5000x3500px sur le MacBook Air 13" Intel : 9 à 12 secondes pour appliquer ML Super Resolution ;
  • Image JPG de ± 5000x3500px sur le MacBook Pro 16" Intel : 6 à 8 secondes pour appliquer ML Super Resolution ;
  • Image JPG de ± 5000x3500px sur le MacBook Air M1 : 1 à 2 secondes pour appliquer ML Super Resolution.

Note : ce sont des mesures effectuées avec un chronomètre tout à fait normal, par mes soins.
N’y voyez rien de scientifique, pompeux ou prétentieux.

Bien que je ne sois pas pressé, une vitesse cinq à six fois plus élevée est quand même très impressionnante sur le même type de Mac à quelques mois d’écart. Sans même évoquer — chuuuut la différence avec le modèle 16" deux fois plus cher…


Second test sur Lightroom Classic


J’ai noté deux petites constatations à propos de Lightroom Classic sur le MacBook Air M1 par rapport au MacBook Air Intel i5 quad-core 2 020.

1. L’outil de "correction des défauts" que j’utilise pour nettoyer la peau des portraits des petites imperfections ne met pas la puce M1 sous tension. Le Mac reste parfaitement silencieux et rapide. Je n’ai constaté aucun ralentissement, même après plusieurs photos.
Contrairement au processeur Intel du MacBook Air qui se met d’abord à chauffer et souffler et rapidement assez fort. Normal me direz-vous sur un MacBook Air dans ce genre de situation… Il n’y a pas que le souffle des ventilateurs, car le Mac est ralenti après quelques minutes et qu’il a besoin de repos.
Note : J’ai effectué ce test avec les fichiers RAW des Fuji X-T3 et X-Pro3.

2. L’export de 200 photos, au format JPG, qualité 100 %, à partir de fichiers RAW Fujifilm de 26 MP est, selon mes mesures, trois à quatre fois plus rapide avec le MacBook Air M1 par rapport au MacBook Air Intel. Il en va de même pour la version Intel 16".

Idem sur Capture One.

Autres changements


Lorsque vous sortez le MacBook Air M1 de veille, il s’allume désormais instantanément, tout comme un iPad ; détail plaisant au quotidien.

Le clavier comporte trois nouvelles touches qui en ont remplacé trois autres. Les touches F4 , F5 et F6 servent désormais à la recherche via Spotlight — F4 —, activer la dictée vocale — F5 — et enclencher le mode ne pas déranger — F6. Je regrette juste l’ancienne fonction de la touche « F4 » qui permettait d’afficher rapidement et facilement les apps comme sur un iPhone/iPad. Je l’ai remplacée par la combinaison cmd + <.

Ce nouveau MacBook Air M1 ne dispose désormais plus de ventilateur. J’en entends certains hurler, car cette expérience avait été tentée sur le MacBook 12" en 2016-2017 et n’était malheureusement pas très concluante. En effet, dès que l’ordinateur chauffait trop, il ralentissait sévèrement et avait besoin de repos. Ce n’est heureusement pas le cas avec l’Air M1. Aucun bruit ni chauffe constatés jusqu’à présent. Apple semble avoir retenu la leçon.

La puce M1 propose 8 cœurs — une première sur les modèles 13" — répartis de cette façon : 4 cœurs de performances ainsi que 4 cœurs à haute efficacité énergétique.
Pour simplifier, l’ordinateur est beaucoup plus rapide tout en consommant beaucoup moins d’énergie. Ce qui permet d’obtenir une autonomie presque doublée : sur une première charge, j’ai pu tenir 16,5 heures, et presque 17, sur une seconde tout en obtenant de meilleures performances qu’un modèle 16" en plus léger et bien moins cher : à partir de 1 129 € — SSD 256 Go / 1 399 € — SSD 512 Go…
Les différents détails techniques sont visibles ici.

Les trois nouveaux Mac M1 ont désormais tous le WiFi 6 — connexion plus rapide de 40 % et débit 4x supérieur (plus d’appareils peuvent se connecter sur un même WiFi sans ralentissement).

Ce que j’aime


- Prix en baisse : 1 399 € pour le modèle 512 Go au lieu de 1 499 € sur le modèle précédent, tout en ayant des performances supérieures ;
- Monstrueuse autonomie de plus de 16 heures (contre 7 ou 8 sur les modèles d’Air Intel 2020) ;
- Absence de ventilateur pour un usage parfaitement silencieux et tout ça sans aucune surchauffe ;
- Nouvelle puce M1 d’Apple, qui décuple les performances du processeur et de la partie graphiques. Le MacBook Air n’est désormais plus un petit ordinateur dédié uniquement à la bureautique et au surf ;
- Intégration parfaite du processeur et des logiciels.
- La sortie de veille immédiate ;
- Chargeur 30W : petit et efficace. L'alternative Anker propose un chargeur 30W encore plus petit.


Ce que je n’aime pas


- Un ou deux ports USB-C supplémentaires seraient les bienvenus.

Le mot de la fin


Que dire d’une entreprise qui a énormément innové pour ensuite se reposer un peu sur ses lauriers et pour enfin revenir en force avec cette nouvelle puce M1 ?

J’ai l’impression qu’Apple a créé cette puce pour le client, car aujourd’hui, pour un peu plus de 1 100 €, il est possible d’avoir un Mac portable qui n’est pas issu d’un fond de tiroir à peine capable d’accomplir quelques tâches communes sans souffrir. Ce qui vient de se produire avec cette nouvelle sortie est l’inverse.
Intel se réservait peut-être les bonnes bouteilles pour refiler la piquette aux autres dont à Apple ?

Nous pouvons désormais prétendre à un Mac véloce, performant et d’une autonomie incroyable dès l’entrée de gamme.

Je suis impatient de voir ce que l’avenir nous réserve, car, pour une première, c’est une belle et franche réussite.

Ma note sur 5


- Prix : 5 ;
- Performances : 5 ;
- Fabrication : 5 ;
- Utilisation : 5 ;
- Côté cœur : 5.